LES SAISONS DU CERF
1 le printemps
2 l'été
3
le brame
4 l'hiver
5 les bois
6 le dérangement
Pour les mâles c'est la saison où ils vont perdre leurs bois et la recherche de tranquillité devient une nécessité absolue. Le printemps annonce le retour de conditions climatiques plus favorables, de ressources alimentaires plus riches, c’est la période où le cerf refait ses bois et où la biche gestante prend des forces.
La vie d’un cerf commence généralement entre le 15 mai et le 30 juin. C’est l’époque où la biche va s’isoler discrètement pour donner naissance à un faon. Les liens entre la biche et le faon sont particulièrement étroits et dureront entre 1 an et demi et deux ans. La cellule familiale de base (appelée aussi trio familial) est composée de la biche, du faon de l’année et du jeune de l’année précédente. Le sex-ratio est d’environ 1/1, c’est à dire qu’il naît à peu près autant de faons mâles que de faons femelles. Au bout de sept mois le faon mâle s’appelle Hère jusqu’à ce qu’apparaissent sur son front deux dagues qui peuvent atteindre 40 cm, on l’appelle alors Daguet, l’année suivante il deviendra un jeune cerf ou 2ème tête et ainsi de suite (3ème tête, 4ème tête…). Dans des conditions favorables le cerf peut vivre jusqu’à 17-18 ans, c’est l’état de la denture qui conditionne l’âge limite. La femelle est appelée bichette jusqu’à sa deuxième année. Communément, on dit qu’il faut 10 ans pour faire un cerf. , c’est en effet vers 9 ans qu’il devient un géniteur actif lors du brame.
L’été marque une période de repos pour l’espèce. Le cerf termine la période de « refait » de ses bois et grâce à l’abondance de nourriture fait des « réserves graisseuses » pour se préparer au brame qui débutera vers la fin de l’été. La biche récupère de la mise-bas et se consacre entièrement à l’élevage de son faon. Si ce dernier pèse entre 6 et 8 kg à la naissance, sa prise de poids quotidienne sera de 300 à 400 grammes. Dès la fin du mois d’août, l’observateur avisé notera un certain regain d’activité. Les trios familiaux se regroupent sur certains massifs, les daguets et les jeunes cerfs se réunissent en petites hardes sur les périphéries du massif alors que certains mâles adultes réinvestissent des places bien précises, les places de brame. Quelques raires commencent timidement à se faire entendre (on dit que les cerfs se font la voix). Les préparatifs du brame se mettent en place.
Les derniers jours d’octobre marquent le retour au calme de la forêt, les vieux mâles reprennent leur vie solitaire et cachée. C’est à nouveau une période de repos (très relatif en raison de la chasse et des battues), avant l’arrivée de l’hiver, qui va permettre aux cerfs de reprendre des forces pour affronter le froid et la disette. Lorsque les conditions climatiques vont devenir très difficiles les animaux vont se regrouper en grandes hardes mixtes. Ces dernières seront menées par des biches reconnues pour leur excellente connaissance du milieu qui pourront ainsi conduire le groupe dans des zones de sécurité et riches en nourriture. Ces « meneuses » jouent un rôle essentiel et leur disparition provoque une désorganisation de la harde et une errance des animaux. Une fois les conditions redevenues normales, les hardes vont se scinder entre hardes de biches et jeunes d’une part et hardes de mâles d’autre part. La fin de l’hiver approchant, les vieux mâles vont s’isoler et les plus jeunes former des petites hardes de 3 à 5 sujets.
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Les Bois
Les bois, caractéristiques principales des
cerfs mâles, ont toujours fasciné l’homme. Il s’agit de productions
osseuses qui tombent chaque année à la fin de l’hiver et repoussent
au printemps pour atteindre leur apogée dans le courant du mois de juillet.
Pendant la repousse, les bois sont dits de velours car recouverts d’une fine
peau très vascularisée et très fragile. A la fin du processus,
la peau meurt et tombe, le cerf accélère le décollement
de la peau morte en frottant sa ramure contre les arbres. Lorsque les bois sont
en velours, le cerf est très prudent et évite les parcelles trop
denses car toute blessure de la peau protectrice peut entraîner des anomalies
plus ou moins importantes (suivant le choc et l’endroit où il a eu lieu),
mais non durables. Chaque bois est composé d’une perche ou merrain sur
laquelle on trouve différents andouillers. Le plus bas est appelé
andouiller d’œil ou andouiller de massacre, juste au-dessus on trouve le surandouiller
(pas systématiquement présent), ensuite la chevillure, si les
épois suivants sont au nombre de deux on parle de fourche, s’ils sont
de trois ou plus, on parle d’empaumure. Le nombre de cors, contrairement à
certaines idées reçues, n’a rien à voir avec l’âge
(certains jeunes cerfs peuvent porter 12 voire 14 cors, alors que des cerfs
adultes n’en auront que 10. Seule la masse des bois différencie l’âge,
les bois de jeunes cerfs étant généralement fins et assez
clair, ceux des cerfs plus vieux deviennent beaucoup plus massifs et foncés
(la teinte des bois peut varier, entre autre, suivant le biotope et sa richesse
: calcaire, acide…). Lorsque le cerf est très vieux, sa ramure peut perdre
des andouillers, s’amincir, se déformer on dit que le cerf ravale.
Chaque
saison amène aussi son lot de dérangements pour ces animaux sauvages
ayant une peur farouche de l'homme.
D'octobre à fin janvier
les battues organisées par les chasseurs terrorisent les animaux qui
vivent dans une insécurité quasi permanente. Les coups de feu
et les aboiements des chiens, qu'ils soient destinés à eux mêmes
ou à des chevreuils ou à des sangliers les effraient tout autant.
Pour certains auteurs quelques battues annuelles permettraient de réaliser
le plan de chasse tout en évitant un stress intense, chez les animaux
durant une si longue période.
A peine la chasse terminée,
ce sont les chercheurs de mues, de plus en plus nombreux et commençant
leur quête de plus en plus tôt qui dérangent les cerfs. A
cette époque les mâles ont besoin d'une grande quiétude.
Il est tout à fait respectable de désirer trouver un bois de cerf
surtout lorsqu'on est un amoureux de la faune sauvage mais il serait beaucoup
plus judicieux, pour leur tranquillité, d'attendre qu'ils les aient perdu.
Le brame est aussi
une période qui attire de plus en plus d'amoureux de la nature. Cependant,
certaines personnes, souvent par ignorance, cherchent à approcher au
plus près les cerfs qui sont, à cette saison, moins méfiants.
Ce comportement est source d'un stress intense pour les animaux et peut se révéler
dangereux pour les curieux. Depuis plusieurs années l'ONF tend à
développer, sur les grands massifs, des écoutes
du brame accompagnées (voir
en page l'écho du cerf pour ce qui concerne la forêt de Chaux).
Cette solution est tout à fait satisfaisante tant pour les écoutants
que pour les écoutés.